Sidi Mhammed Ben Bouziane

الشيخ سيدي محمد بن ابي زيان
Sidi Mhammed Ben Bouziane

Par Laredj Moulay Abdellah

Sidi Abderrahmane Ben Bouziane père de Sidi Mhammed fondateur de la Ziania s'était fixé a Taghit pour y gérer des biens lui appartenant .C'est la que naquit Sidi Mhammed a L'époque de la vie où on est susceptible de commettre des péchés. Des qu'il eut grandi, poussé par un appel mystérieux, et encouragé par l'amis de son père Cheikh Sidi Abdelmalek Boungab Cheikh de la Zaouia Fouqania qui s'occupa de l'instruire lui même il quitta son pays, Taghit Beni goumi, pour aller apprendre le Coran et. S'adonner a l'étude. Son origine, et sa haute naissance car il était charif, descendant du Prophète par Idris le fondateur de Fez, fut probablement la cause de ce penchant. 11 était, en effet, fils d'Abderrahman ,fils d'Abi Ziane fils d''Abderrahmane , fils d'Ahmed, fils d'othman , fils de Messaoud , fils d'Abdallah el Ghezouani, fils de Said, fils de Moussa,fils de d'Abdallah,fils d'Abderrahmane fils d'Ahmed,fils d'Abdesselam fils de machich, fils d'Aboubekr,fils de Horrma, fils d'Aissa, fils ,de Salam, fils de Mazouar, fils d'Ali Haydara fils de Mohammed, fils d'Idris 11, fils d'ldris I, fils d'Abdellah, fils d'Hassan fils de Hassan fils d'Ali et de Fatima Zohra.
Le jeune Mhammed partie de Taghit presque sans provision de voyage. Un de ses oncles paternels lui avait donnée quarante mouzouna, petite monnaie du pays. II les échangea contre l'argent rachidien, monnaie de Tafilalet, avec laquelle il put accomplir son voyage et se diriger sur Sidjilinfisa. Arrivé dans cette localité, il se retira auprès du cheikh Sidi Mebarek Abdelaziz, chez qui il étudia le Coran.
Notre personnage ne tarda pas à devenir un vrai savant dans l'éxégèse coranique. Bientôt il obtint l'illumination divine, en même temps qu'il acquérait de solides connaissances dans les sciences religieuses ou mystiques. Il s'établit au Ksar des Oulad Berdala, ou il vécut. Sa manière de vivre, sa dévotion, son ascétisme ne tardèrent pas à en faire de lui le disciple favori de Sidi Mebarek. Celui-ci recommandé même a sa propre famille et a ses autres disciples de confier le soin de l'ensevelir à Sidi Mharnmed. On comprit que ce dernier devait être l'héritier spirituel et posséderait le sirr (secret mystique) de son maître. Plus tard, Sidi Mebarek se sentant rappelé vers Dieu fit la même recommandation à notre personnage.
Sidi Mebarek appartenait à la tarîqa (confrérie) des Châdiliya, comme l'indique la chaîne mystique qui montre la transmission du sirr (secret) de cheikh en cheikh depuis l'ange Gabriel
L'Ange Gabriel - Le Prophète - Ali ben AbouTaleb - El Hasan el Basri- Habib el Adjami - Daoud et-Tai - Maarouf el Karkhi - Sanisaqti - Djoueid - Djariri - Abou Taleb el Mekki- El Djouini -Ghazali -Abou l3ekr ben el Arabi -A bou Ya'aza -Ali ben Harehem -Abou Medien -Abou Ahmed-Abderrahman el Madani -Abdessalm Ben Machich -Abou hassan Châdili -Abou Abbés El Morsi -Ibn Ata Allah -Daoud el Bakhli-Ouafa -Ali ben Ouafa -Yahia el Kadiri-Ahmed ben Okba -Ahmed Zerrouk -Ahmed ben Youcef -Ali ben Abdellah -El Ghazi -Ahmed Ben Ali -Mohammed Ben Brahim-Abdellah ben Houcein -Mhammed ben Nacer -Mebarek ben Azzi -Mhammed ben Bouziane
Sidi Mebarek ben Azzi étant. Mort, Sidi Mhammed s'acquitta de sa mission funèbre il lava le corps de son maître et l'ensevelit 1ui même dans le linceul. Cela fait, pour imprégner sa propre chair des vertus (baraka) de la chair du défunt, comme du sirr de celui-ci il avait imprégné son âme, il but une partie de l'eau qui avait servi a laver le corps du mort. Les résultats de cette action ne se firent pas attendre : ils se montrèrent éclatants en vertus multiples, en prodiges remarquables
Sidi Mhammed, suivant les recommandations de son cheikh, partit alors pour Fez, afin de parfaire ses études coraniques et religieuses. Il resta huit ans dans cette ville, suivant les cours de la Medersa de Sidi Misbâh. Dieu illumina de plus en plus son âme et lui accorda la plénitude des sciences concrètes et abstraites. Les gens affluèrent auprès de lui pour jouir des bienfaits de ses entretiens spirituels.
Dans cette Medersa notre personnage suivit les cours de Sidi Mohammed ben Abde1kâder el Fasi, de Sidi Abdesselam Gjâsous, de Sidi Ahmed ben El Hadj. 11 aimait, honorait, vantait les gens de science. Ceux-ci, a leur tour, l'avaient en grande estime, et l'on cite, parmi ceux qui entretenaient une correspondance avec lui, des savants tels que Sidi Mohammed Masnaoui , Sidi l'Hassan ben Rahal, Sidi Mohammed ben Zekri , Sidi Mohammed Meiyâra , Sidi Ahmed ben Mebarek es-Sidjilmâsi , les fils de Sidi Abdelkader Fâsi, etc.
A Fez, Sidi Mhammed cherchait surtout la fréquentation des gens pieux. Parmi ceux qu'il fréquentait régulièrement chaque jour était Sidi Abmed el Habib et Lemti, son frère en Dieu, et Mohammed el Ayachi, mort plus tard au Caire. Ils lisaient le Coran et récitaient le Dikr ensemble. Mais notre saint aimait trop l'humilité obscure pour rester plus longtemps à Fez. Il quitta cette dernière ville et se dirigea vers le pays de ses ancêtres, Kenadsa. II y séjourna d'abord quelque temps, puis s'y établit définitivement. Ce fut en a ce moment que Dieu lui permit d'atteindre l‘état suprême des Soufis. De nouveau, de toutes parts, de l'Orient et de l'Occident, les gens arrivèrent en foule solliciter les bienfaits de sa bénédiction. Dans ces circonstances il eut l'occasion d'accomplir de nombreux prodiges et ne tarda pas à être considéré comme un des personnages les plus considérables de son époque. Sa réputation de pole des Soufis été bien établie chez ses contemporains ; la cécité qui l'atteignit sept ans avant sa mort les confirma encore dans cette opinion. Sidi Abderrahmane Kerzazi lui-même engageait les gens à faire des Ziara à Sidi Mhammed, preuve qu'il reconnaissait la supériorité de ce dernier. Cette supériorité se manifestait dans toutes les particularités de la vie du Cheikh. II se retirait, pour prier, sur la crête des montagnes ou au fond des vallées, dans les endroits déserts ou il n'avait d'autre fréquentation que celle de Dieu. De nombreuses localités dans lesquelles il a prié, aux environs de Kenadsa, ont conserve son nom, notamment Hadjerat Sidi Mhammed, l'ermitage de Ras A in Sidi Mhammed, I'ermitage de Oumm Sebaa (lion). Notre saint avait le pouvoir de se rendre invisible pendant huit jours, d'un vendredi à l'autre ; puis on le voyait tout a coup revenir de quelque part avec un fagot de bois sur les épaules.
Sidi Mhammed ne vivait que d'herbages et de feuilles d'arbres; son légume préféré était l'irmas. A Fez il se nourrissait avec les débris de légumes laissés a terre sur le remplacement des marches. Il ne mangeait que juste ce qu'il fallait pour vivre.
Il ne s'habillait que de laine grossière, ne mettait jamais de vêtements en coton ou en toile. Sur sa tête il portait une kerzia de laine (sorte de turban au tour de la tête). Aux temps froids il mettait une chechia de laine sous cette kerzia. Son corps était protégé par une kechaba de grosse laine, par-dessus laquelle il mettait un burnous noir du Sous appelé akhnif. Ce costume a été de tout temps, d'ailleurs, le costume des prophètes et des soufis.
Pour lit, Sidi Mhammed n'avait qu'une natte, qui lui servait aussi de tapis de prière. Ce tapis ne le quittait pas, il le faisait suivre partout avec lui. Par sa manière de faire les ablutions, la prière, d'assister aux funérailles, de payer l'impôt zekat, de jeûner, de faire le pèlerinage, de pratiquer la guerre sainte, Sidi Mhammed était un exemple vivant pour tous les Musulmans.
En voyage il montait un âne ; s'il marchait, il allait pieds nus où ne portaient que de simples sandales. Dormait-il ? C'était sur sa natte ou sur le sol. Il ne changeait pas d'effets; il les lavait lui-même lorsqu'ils étaient sales.
11 ne quittait jamais son chapelet ; ne cessait de réciter, soit seul, soit avec des frères, le divin Coran, ou de se livrer a l'étude. 11 répétait souvent la sentence suivante, qui était sa devise favorite:
<>, c'est à ­dire: (il faut dire) le chapelet et (travailler avec) la planchette sur laquelle on écrit le Coran) - jusqu'à l'extinction du souffle de l'âme. Il ajoutait: ~< Ceux qui savent le Coran par coeur et le récitent constamment sont comme s'ils conver­saient avec Dieu pendant les heures du jour et de la nuit. ~>
Lorsque Sidi Mhammed ben Bouziane se fut fixé définitivement a Kenadsa, il trouva le pays manquant d'eau et fort pauvre. Ni fortifications, ni lieu protégé ne défendaient les gens contre les incursions des Arabes nomades et sauvages.
II décida d'y construire une zaouïa. Il la bâtit en pierres et briques jointes au mortier d'argile. Sidi Mhammed recherchait en effet les matériaux qui préservent successivement de la chaleur et du froid. Alors que les khouans (frère de la confrérie) et les visiteurs devenaient de plus en plus nombreux et nécessitaient l‘agrandissement des constructions, il ne se servit jamais de chaux, de carreaux de faïence, de marbre. . Même le minbar de sa mosquée fut fait en maçonnerie ; on y accédait. Par trois marches en briques. Plus tard il en fit, faire un en bois par des ouvriers de Fez.
Sidi Mhammed aimait toutes les œuvres de bien. Il creusa des puits à l'usage des Musulmans dans la zaouïa même, aménagea les sources de Tikoun rabi et de ‘Ain el Baraka. Avant la création de la Zaouia, les gens de Kenadsa étaient presque dénués de ressources. L'établissement de notre saint personnage dans cette localité rendit ces mêmes gens riches et les biens affluèrent vers eux de tous côtés. Les Pillards se trouvèrent impuissants contre la zaouïa et ses protégés, ils furent même obliges de servir Sidi M hammed de gré ou de force. La Horma de ce dernier devint célèbre on s'y rendait de toutes parts et beaucoup de gent s'y établirent a demeure. Le saint traitait, les affaires des visiteurs qui venaient demander ses conseils et ses bénédictions. 11 disait volontiers sous forme de sentence :
Quiconque est venu a nous n'a pas été déçu dans ses espérances,
Qui est sorti de chez nous a toujours réussi.
Les pieux visiteurs apportaient en retour a La zaouïa les produits que le Sahara ou les environs de la zaouïa ne pouvaient fournir: le blé, l'orge, la graisse de mouton, le mil, etc. L'influence de Sidi Mhammed était aussi grande que son humilité était profonde les zouar (visiteurs) qui venaient le trouver étaient surtout des gents de Beni Snassen (tribut du nord d'Oujda) des Beni Bou Zeggou (tribut a l'ouest d'Oujda)de l'Oued Za (environ de Ain béni Mathar des Oulad Amor (environ de Debdou), des Beni Fachât(tribu entre ouled Amor et Debdou), des Beni Oudjqa!(tribut des plaine de Melouya)), des gents de la région de Debdou et de celle de Tlemcen,Nadroma, Ils arrivaient quelquefois à la zaouïa au nombre de quatre cents hommes. Leur point de concentration pour ce pèlerinage était au sud de Debdou ; la première étape était à El Khourat ; la deuxièrne a Aioun el ksar ; La troisième a Oulad Harnou Arzaq ; la quatrième el Hacian (les deux puits) ; la cinquième a Ain Chair. Là les zouar déposaient les provisions nécessaires pour le retour. La sixième étape était à Boukais. Le septième jour on campait prés de la colline d'Oumm Sebaa ; la nuit de ce jour on envoyait un exprès au Cheikh pour le prévenir de l'arrivée de la caravane. Telle était la coutume. Le huitième jour les zouars arrivaient à la Zaouïa de Kenadsa.
Grâce à la renommée du Cheikh, le Ksar était devenu un véritable entrepôt. Avant l'installation de Sidi Mhammed, ses contribues se contentaient de faire le commerce du sel, de le porter de pays en pays et de le vendre au détail. Depuis cette installation, et grâce à la baraka du saint, ils ont fait tous les genres de commerce. Le saint était, en effet, un véritable palladium d'origine divine pour ceux qui vivaient autour de lui. Ses frères et ses khouans étaient, par lui, en sûreté partout ou ils allaient. Ils n'ont jamais cessé jusqu'a nos jours, d'aller et venir a travers le pays, de commercer, de gagner de l'argent, de posséder des biens dans diverses régions, depuis le Sous au Maroc jusqu'au Sahara de l'Est, du Cherg au Maghreb.
Mouley lsmail avait envoyé son fils Mouley Ali dans les régions du Guir et de Figuig pour traquer les marabouts faisant du prosélytisme. Lorsque Mouley Ali en prenait un, il le tuait, dépouillait ses héritiers, et s'emparait de leurs propres biens s'ils réclamaient. Le fils du Sultan, étant arrivé a Figuig, envoya dire a Sidi Mhammed de venir se présenter a lui. Sidi Mhammed partit, au grand étonnement du public, malgré les avis contraires de son entourage qui craignait pour sa vie. On laissait ressortir que, dans tous les territoires traverses par Mouley Ali, celui-ci n'avait pas laissé échapper un seul marabout, et tout le monde craignait pour la vie du Cheikh. Mais il se présenta devant le jeune potentat, lui rendant les devoirs que Dieu lui-même veut qu'on rende l'Emir des Croyants. Après cette rencontre, le fis de l'émir, Mouley Ismail le traita avec bienveillance, lui parla avec des paroles pleines de douceur.Dé lors tous les vizirs et tout l'entourage du prince traitèrent a qui mieux le Cheikh.
Lors du départ de ce dernier pour sa zaouïa, des courtisans s'étonnèrent auprès de Mouley Ali d'une telle réception : < Parmi tous ceux qui sont venus me trouver, leur' dit-il, je n'ai point vu d'homme aussi pieux. Il m'a paru comme un lion rugissant a mes oreilles, j'ai compris que c'était le lion des saints et je l'ai traité de mon mieux .Quant au Cheikh, il avait fait des voeux pour le prince et l'avait mis en garde contre les fautes graves.
Tous les compagnons de Sidi Mhammed se réjouirent de son retour auprès d'eux, sain et sauf. C'était le soir en revenant vers Kenadsa, ils passèrent près d'un oued et campèrent sur la berge. Le Cheikh leur dit : ~< cet oued va grossir et tout inonder. Quelqu'un lui dit : il peut grossir, mais il ne viendra pas jusqu'a nous, il viendra, dit le Cheikh. Une heure ne s'était pas encore écoulée que l'inondation avait lieu et obligeait les gens à lever le campement au plus tôt. Une partie des bagages fut emportée par le courant et il fallut les repêcher. Le Cheikh avait montré par cette prédiction combien Dieux le favorisait.

La vie pieuse de Sidi Mhammed :
sa conduite privée, sa conduire avec les aspirants-profès, ses épouses, sa mort. Visions de ses disciples.
Toute la conduite privée de Sidi Mhammed présentait l'image de l'humilité et de la vertu. Nous avons déjà dit comment il aidait ses gens dans les travaux de la maison, surtout quand il fallait servir les .zouars (khouan en visite de ziara). C'était aussi un homme de beaucoup d'ordre quand il trouvait un ustensile abandonné quelque part, il le rapportait dans la maison d'habitation de la zaouia . Ses qualités morales, ses vertus mystiques reproduisaient les qualités et les vertus du Prophète et des grands soufis, tels que Djoneid, Chadheli, etc., venus après Mohammed.
Nous avons déjà mentionné que Sidi Mhammed s'appliquait a servir d'exemple vivant pour les autres Musulmans dans la pratique de la loi islamique de même faisait-il dans sa conduite mystique. Les livres dont il suivait les préceptes étaient ceux d'Ibn ‘Ata Allah, de Chadheli, d'El Marsi, d'Ibn Abbas, de Mohammed ben es-Samak et de leurs imitateurs. C'étaient leurs exemples et les qualités vantées dans leurs ouvrages qu'i s'appliquait à faire suivre par ses disciples.
Il n'avait pas de pratique spéciale a sa confrérie en dehors de celles recommandables par les docteurs du Soufisme.sa manière d'endoctriner les aspirants-profès (mourid) consistait a leur faire répéter un nombre considérable de lois la formule ~< La ilaha illa Allah! > ~< Il n'y a d'autre dieu que Dieu! >~ - ou bien encore la prière dite Istigh far ou la prière sur le Prophète. A celui qui lui demandait l'affiliation a la confrérie ziania, il disait : ~< Que Dieu purifie nos coeurs ! Lis-tu le Coran ? Le sais-tu par Coeur? >> Dans l'affirmative, le postulant était affilié comme Sidi M hammed avait coutume de le faire avec les gens du Coran. Le Cheikh invoquait Dieu sur le postulant, lui faisait ses recommandations, sur­tout sur le qiam el liyl ou action de passer une partie de la nuit en prière. Si le postulant ne savait pas le Coran, le Cheikh se bornait. A lui transmettre l'ouird des Soufis de sa chaîne mystique, ou selsela.
D'après l'ouvrage intitulé: (Adjouibat Naciria), des tolba de Tlemcen écrivirent. Un jour a Sidi Mhammed pour entrer dans sa confrérie. Ils lui demandèrent quel genre de chapelet, de vêtement (des soufis) ils devaient adopter. Le Cheikh leur répondit : ~< Nous n'avons pas de tradition spéciale sur le chapelet. la kherqa, etc... Notre confrérie (notre tariqa, c'est EDIKR tel que l'a indiqué le Cheikh Senoussi a la fin du commentaire de son ~Aqidat es­Soghra Si vous désirez entrer dans notre selsela (chalne mystique), assurez d'abord votre retour a la voie de Dieu avec ses conditions essentielles; ayez soin de vous livrer a Lui, de le craindre dans tous les actes de votre vie. Préparez-vous ainsi pour le jour de la descente au tombeau. >~ Sidi Mhammed ajoutait. Sa lettre l'indication du dikr et de la selsela d'aprés les Soufis antérieurs.
C'était donc la pratique du Soufisme usuel, la multiplication des prières, l'observation des rites de l'Islam, surtout pour les funérailles, qui formait le fond de la doctrine du Cheikh. Il recommandait à tous ses frères en Dieu la con- naissance des sciences religieuses. ~< Soyez, leur disait-il, du groupe des savants ou du groupe de ceux qui instruisent ne soyer point. Du troisième groupe. ~ Ce dernier groupe, dans son esprit, était celui des ignorants. ~< Fréquentez, disait-il encore, fréquentez les savants. Ils font fructifier les âmes comme la pluie du ciel fait fructifier les plantes.
L'intérieur familial de Sidi Mhammed correspondait à ses hautes vertus. Sa première femme, la dame Oum Kolthoum, celle qui fut La mère de ses fis, sidi Mohammed Laredj, sidi Abdelouahab, sidi Ahmed était pieuse, douce de caractère, droite dans sa conduite. Elle observait avec soin la souna. Elle était obéissante à son mari, vigilante à faire exécuter les ordres de celui-ci. Elle était pleine de charité pour les veuves et pour les orphelins, donnait généreusement aux religieux et aux pauvres une partie des biens dont Dieu l'avait gratifiée. Lorsque le Cheikh est partit en pèlerinage, elle le remplaça auprès des frères et des autres personnes, multipliant, pour tous, ses bienfaits. On ne s'aperçut pas du départ du fondateur de la zaouia.
Elle avait une coutume spéciale: toutes les fois que le Cheikh avait terminé la prière du vendredi, elle secouait la poussière des livres de la zaouia, les parfumait d'encens, les replaçait et mettait sur leur reliure un peu de poussière de chaux.
Lorsque cette sainte femme fut morte, un des frères, qui ignorait sa maladie la vit en songe monter au ciel. Elle y fut reçue par Abou Bekr et les femmes du Prophète.Le Cheikh Sidi Mhammed Vécut. De nombreuses années après elle. On lui conseilla souvent de se remarier; chaque fois il refusait d'écouter de pareils avis. Cependant une maladie nécessitant des soins intimes l'ob1igea a cherché une épouse. II songea d'abord, dans ce but, à se procurer une esclave noire a Sidjilmasa. Mais son ami, le saint Sidi Ahmed ci Habib, lui écrivit pour lui démontrer que se contenter d'une affranchie était au-dessous de la condition de Sidi Mhammed; il l'engagea a prendre, malgré la répugnance éprouvée, une femme libre et d'une certaine origine. Le Cheikh se laissa convaincre. Peu de temps après, un fils de Sidi Abd-el-Djebbar de Figuig proposa au Cheikh .sa soeur en mariage. Sidi Mhammed chargea alors son propre fils Hadj Mohammed Laredj d'aller a Figuig conclure l'affaire. Et lui recommanda de bien se renseigner sur la femme et de voir si elle lui convenait réellement. Sidi Mohammed Laredj. Fut bien reçu par le faquir fils d'Abd-e1-Djebbar, mais il apprit que la femme en question était une divorcée qui avait déjà abandonné trois époux successifs ; il n'en voulut pas et amena a son père une autre .femme de La même famille il eut avec elle son fils Sid Houcein.
Sidi Mhammed ben BouZiane finit par arriver au terme de sa vie exemplaire. Proche de ses derniers instants, il demanda a ceux qu'il l'entouraient de vouloir bien partir, de le laisser seul en La présence de son Divin Maître avec lequel il avait des conversations confidentielles. Les gens de son entourage lui demandèrent si Fun des frères (khouan) pourrait entrer et venir vers lui. II leur répondit ~~ Pendant son agonies lorsqu'il faisait .appeler un frère (khouan) auprès de lui, il lui disait : < Je vous ai (tous) recommandés a Dieu; notre amitié se continuera dans le ciel ou nous nous retrouverons un jour >~
Sidi Mhammed mourut le jeudi 10 Ramdan, au moment de l'acer. II fut enseveli après la prière du Maghreb La nuit du lendemain vendredi. C'était en l'an I145. (Mars 1733.).
Le haut degré de sainteté du Cheikh a été certifié par la vision qu'a eues un certain nombre de saints personnages. Un jour, le frère en Dieu (khouan) Sidi Ali ben Aderrahman Bou Asami vit un grand groupe de saints portant chacun un écriteau sur lequel se trouvait un passage du Coran. Mais il ne put en lire que deux: celui de Sidi Ahmed ben Nacer et celui de Sidi Mhammed. Sur le premier il y avait Nous lui avons donné le pouvoir et la science, et sur le second : Nous l'avons place dans l'intérieur de notre miséricorde, car il est un saint.
Sidi Mharnmed ben Mohammed ech-Chara y Tlemçani, dans la nuit d'Achoura, vit en songe le Prophète. Il eut d'abord l'idée de lui demander quelque bien terrestre, car il était pauvre. Mais il n'osa point et se contenta de l'interroger pour savoir quel était le plus grand saint de l'époque. Il i'interrogea d'abord sur Sidi Mohammed el Ayache. Le Prophète répondit : ~< II est (puissant) comme un sultan en ce monde et dans l'autre; il est comme l'arche de Noé, quiconque y entre est sauvé. >~ Questionné sur Sidi Mhammed ben BouZiane, l'Envoyé de Dieu répondit : ~< II est le maître de l'époque et l'un des sept pôles. Par son intercession Dieu a préservé du feu de l'enfer une foule de gens. > A propos de Sidi Ahmed el Habib, il ajouta : << El Habib est notre Habib (ami intime) dans ce monde et dans l'autre. ~ Or ces trois saints, Mohammed el Aya chi, Sidi Mhammed ben BouZiane et Ahmed el Habib étaient, de leur vivant, en relations amicales continuelies .
Un autre personnage fort pieux, le faquir (religieux), le frère en Dieu des gens de la zaouïa (khouan), vit de nombreuses fois le Prophète en songe. Toujours Sidi Mharnmed se tenait auprès du Prophète ou devant lui comme son serviteur.
Les historiens musulmans racontent que la Zaouia de Kenadsa exerce une hospitalité réputée de même d'ailleurs que toutes les autre Zaouia des Ziania. Riches et pauvres y trouvent la maison hospitalière ainsi qu'aide et protect

Sidi Mhammed était souverainement puissant contre les pillards. Un groupe d'Oulad Delim (tribu du sahel de Mauritanie) vint un jour pour piller la zaouïa. Ils étaient nombreux et montés sur des mehara; ils avançaient avec circonspection pour ne pas être reconnus. Mais une personne du pays donna l'alarme à la zaouïa. Le fils du Cheikh, Mohammed Laredj, alla à leur rencontre, essaya de les détourner de leur projet. Mais il fut chassé, tomba de cheval, et se fit aux pieds une blessure d'ou le sang coulait abondamment. 1l revint vers le Cheikh, qui se mit en prière. La prière n'était pas finie qu'un ruisseau débordant envahit le ravin dans lequel les pillards s'étaient mis en embuscade, et les immobilisa. Pendant ce temps un groupe de nomades Ghenanema les atteignit, les battit, enleva leurs montures. Les Oulad Delim furent tués jusqu'au dernie Une autre fois, un homme conduisait un troupeau pendant la nuit. Des brigands vinrent pour le voler. En chas­sant les brigands, un des esclaves de la zaouïa fut atteint d'un coup de feu a l'œil i1 la perdait ; le sang coulait en abondance. 11 alla trouver le Cheikh, qui le guérit aussitôt avec l'eau de Zamzam.
Des gens venus en ziara auprès du Cheikh furent, en route, menaces d'être voles. Le saint, se changea en lion, les protégea. 11 se fit connaitre des voleurs, qui se convertirent et allèrent à leur tour en ziara auprès de lui.
Les Oulad Bâligh (tribu de la Mauritanie) avaient enlevé une caravane à la zaouÏa. Les gardiens se mirent à invoquer le Cheikh. Un des brigands contrefit alors ceux qui invoquaient le Cheikh et tourna le saint en ridicule il tomba foudroyé. Les autres brigands effrayés s'enfuirent, et la caravane put revenir a la zaouïa .L'intervention de Sidi Mhammed pour retrouver le bétail égaré ou perdu n'était pas moins puissante : une simple in­vocation a ce saint suffisait. Un jour une chamelle prit Ie mors aux dents et se sauva. Son propriétaire invoqua le saint ; die se trouva subitement en travée et on nuit ainsi la reprendre.
Sidi Mhamrned protégeait tous ceux qui se rendaient en ziara au tombeau des saints où a sa zaouïa. Un jour, il allait. En ziara au tombeau de Son maître Sidi Mbarek avec un groupe de Zouar. Arrivé prés de l'oued Guir, nos gens trouvèrent La rivière gonflée. Ils n'avaient ni vivres ni provisions suffisantes pour attendre La décrue. Ils s'interrogeaient déjà avec anxiété, puisque le Cheikh leur dit<< Mangez ce que vous avez. >~ Puis il se lava les mains dans I'Oued ; les eaux se séparèrent aussitôt et laissèrent passer les pèlerins a pied sec.
Un habitant des environ de Tlemcen venait. Au ziara chez Sidi Mhammed Est garé en route, mourant t de soif, il invoqua le Cheikh, qu i1 lui apparut Sous sa forme humaine et lui donna une outre d'eau. La même aventure arriva à un voyageur avec deux enfants dans l'oued Talazaza (oued près de Ain Cheir) Ils mouraient de faim et de soif puisque le saint, invoqué, leur apparut et leur donna une outre d'eau et des dattes.
Au temps du Roi Mouley Small, le pacha Othman, gouverneur de Taza, était méchant. Sans pitié pour le peuple. Il fit arrêter, un jour, un disciple du Cheikh, jeune homme qui avait commis une légère faute. Ce pacha faisait précipiter les gens du haut de l‘escarpement d'un profond préci­pice et personne n'en échappait vivant. Le disciple de Sidi Mhammed invoqua Dieu le Prophète et le Cheikh. On le précipita ; il tomba sur ses deux pieds, louant Dieu et le Cheikh a haute voix. Le pacha le fit relâcher.
Un faquir d'Almis (prés de Malouya), qui était allé commercer au Soudan, fut jeté en prison chez les nègres. Un jour il s'endormit en invoquant le Cheikh. Pendant son sommeil les chaînes tombèrent et il fut délivré.
Le Cheikh délivrait les Musulmans pris pendant la guerre sainte, faits prisonniers par les chrétiens et favori­sait leur évasion. D'autrefois il apparaissait aux maîtres des prisonniers et imposait leur délivrance. Des gens de Figuig, dont le kadi Mohammed Bou Anane, le faquir Mohammed ben Abou Beki, des gens d'EI-Maiz et de Zénaga a un jour raconté qu'un homme était captif chez les chrétiens. II pensa tout à coup à Sidi Mhammed, l'invoqua à très haute voix et souvent. Ce captif ce trouvait chez le chef des chré­tiens. Celui-ci avait une fille, qu'i1 chérissait beaucoup. Le Cheikh apparut en songe a cette fille, la tourmenta et lui dit : ~< Je ne te laisserai point tant que tu n'auras pas fait relâcher le captif par ton père. Sache que je suis Mhammed ben Bou ziane. >~ Cela se renouvela pendant plusieurs nuits, et elle finit par raconter a son Père ce qui lui arrivait. Le père, la voyant dépérir, eut des craintes pour la santé de sa fille et délivra le captif. La fille apprit de celui-ci le pou­voir du saint ; fort émerveillée, elle se convertit à l'Islam.
Un pauvre faquir de Kenadsa demande un jour au cheikh de lui faire le pèlerinage le cheikh promit le fakir partit arriva a Tripoli s'embarqua pour l'Égypte et de la essaya de gagner le Hidjaz a pied en se confiant a Dieu mais ses provisions de route furent vite épuisées notre pèlerin, arrivé a Dar el Hamra, fut tourmente par la soif et faillit mourir. 11 n'avait, pour tout bien, qu'un exemplaire des Dalil el Khairat; il l'offrit à un Turc en échange de quelques gouttes d'eau, mais le Turc ne daigna pas répondre. Alors Sidi Mhammed, portant une outre d'eau fraîche a la main, apparut au pauvre faquir, qui ne le reconnut point. Il donna l'eau à ce dernier, qui se désaltéra et offrit en paiement son livre. Le saint le lui rendit et fut alors reconnu. Le faquir se mit à pleurer de joie et tomba a demi évanoui. Lorsqu'il Revint a lui, il se trouvait a la Mecque, 11 chercha le saint autour de lui, ne le revit plus, tendis que beaucoup de gens l'entouraient. Ceux-ci interrogèrent ; il leur raconta son histoire, alors on lui donna de la nourriture et quelques vêtements dont il avait besoin. Lorsque la caravane du Maghreb arriva a la Mecque, elle trouva le faquir sain et sauf. Le récit merveilleux de ce dernier augmenta l'étonnement général. II accomplit ensuite les formalités du pèlerinage avec les gens de la caravane.

نسبه ومرلد

ههو ا محمد بن عبد الرحمان بن محمد بن أبي زيان بن عبد الرحمان بن أحمد بن عثمان بن مسعود بن عبد الله الغزواني بن سعيد من مومس بن عبد الله بن عبد الرحمان بن أحمد بن عبد السلام بن مشيش بن أبي بكر بن علي بن حرمه بن سلام بن عيسى بن مزوار بن على بن حيدرة بن محمد بن إدريسر بن إدريسر بن الحسن المثنى بن حسن السطي بن علي بن أبي طالب كرم الله وجهه وفاطمة الزهرا ء رسول الله صلى الله عليه وسلم بنت

لقب بن أبن زيان على جد أبيه الذي جاء مهاجرا من مراكثر. مر المكان الذي بنيت فيه القنادسة فسمع مناديا يقول : ااآعمار فقال للجمع المرافق له هنا نعمر، فاستقروا هناك .

وهي واحة تقع جنوب غرب بشار وتبعد عنه بحوالي 19كلم يحيط بها مجال رملي واسع خال من كل غطاء نباتي ويتخد صبغة السبخة في بعض النقط.
كانت قرية العوينة فقيرة أرضها لا تنبت الا قليلا وكان أهلها يحملون الملح من مكان الى آخر يبيعونه ليستقاتوا قيمته ، ذلك لأن النشاط الزراعي كان جد محدود لعدم توفر المياه الكافية للسقي وكان لا يكاد ليفي بالحاجيات الضرورية للسكان.
ولد ا محمد بن أيي زيان في هذه البيئة حوالي1062ه 1650م بتاغيت أحد القصور الخمسة التي يسكنها بنوكومي وهو شعب لا يغتلف عن سكان المنطقة ضل عبر تقلبات الزمان محتفظا ببعض البقع الأرضية التي كانت تقع على الضفة اليمنى من نهر زوزفانة وبعض النخيل الذي امتلكته قبيلة دوي منيع .
انتقلت عانلة ابن أبي زيان إلى هذ» المنطقة لترعى نخيلا كانت قد ملكته مع هذه القبيلة
عاش ا محمد بن أبي. زيان منذ طفولته لا يشغلا شيء عن الله ، ارتفع بإيمانه وسلامة فطرته . فلما شاهد أبوه فيه ذلك أرسله إلى زاوية الشيخ العارف بالله سيدي مبارك بن عزى
الغرفي بسجلماسة بقصد الانتفاع وقراة العلم.
وكان سيدي مبارك بن عزى من أكابر العلماء وأعظ الأولياء» جمع بين العلوم الظاهرة

والباطنة عالما عاملا،صاحب ورع وزهد. نصب نفسه للتدريس في زاويته التي كان يلقن فيها

لطلبته مختلف العلوم .
كان شيخنا ناصري الطريقة حافظ على أصلها الزورقي الذي يتوجه إلى النخبة، معتمدا
على لعلم كأساس آلمعرفة وكسلوك في لتصوف وقد كان يقول عن الحضرة التي تجعلها
الأشياخ غيره.
إن حضرتها صباح مساء» لا تنقطع ، إنها التدريس حضرتنا جمع أهل العلم لا تنقطع
لتقرير الشرع والسنة المحمدية ،فلا حاديث النبوية ذكر، وتقرير الأحكام ذكر، وحضرتها لا
يجلس لها إلا العارفين وهي بالسكينة والوقار، وغيرها بالرقص والشطح وحضرتنا منتفع
حاضرها وذلك على الأمرين يحتمل ويحتمل .
هكذا كان الشيخ سيدي مبارك بن عزى يمضي أيامه وساعاته مسبحة مهللة صافية نقية .
~ وقد لازمه محمد بن أبي زيان قرابة عشرين منة خلالها كان ينتهل من العلوم القرآنية
_- ه وما يتصل بها، صدق مع الله فوق زينة الحياة وزخرفها فكان لا يأنس إلا بالله ولا يصغي إلا
لنداء العقيدة ويتربى على الطريقة الناصرية الزروقية .
~ هذه المدة شاهد بن أبي. زيان مدينة سجلماسة وهي تعرف تطورا بإزدياد سكانها
واتساع عمرانها رغم الظروف ا~ التي عرفها المغرب نتيجة كثرة الفتن وما انجر عنها من
متاعب اقتصادية ، ومشاكل اجتماعية لكن الحياة الثقافية بها لم تتأثر بل بالعكس فإن عددا
كبيرا من العلماء» هاجروا اليها لبعدها من محاور الصراعات والفتن. .
بقى بن أبي زيان ملازما شيخه إلى حدود سنة 1089هـ . وهي السنة التي وصل فيها الطاعون بسجلماسة وكان من بين ضحاياه الأوانل الشيخ سيدي مبارك بن عزي وقد سنل وهو في النزع الأخير عمن يتولى غسل جسده الطاهر فقال محمد بن أبي زيان ليعلم بذلك من حضر من الأخوان إنه هو الوارث لسره». فلما توفي رحمه الله غسله وخرج بعد ذلك قاصدا مدينة العلم فاس . وكان السبب في خروجه من سجلماسة إلى فاس هو الزيادة في العلم وطلب ما لم يبقى موجود فيها وزد عن ذلك الوباء الذي تفشى فيها.
استقر شيخنا بمدرسة سيدي مصباح إلى أن فتح الله عليه بالعلم الشريف الظاهر منه والباطن . قد عرف عند أقرانه و أسادته بالخير والصلاح والزهد في المتاع ، حتى أنهم شاهدوه» إذا أتاهم خراج السلطان وعطاؤه» للطلبة لا يلتفت له بوجه ولا حال ، ولسد رمقه كان يضطر في بعض الأحيان الأخذ من فضلات الناس التي يرمونها وفي غالبها كان يتغدى بالأعشاب ، حتى أنه التقط ذات مرة حشيشا وأكله وكان ربيع الحرائق فما شعر إلا وقد انتفخت بأكله شدقيه ، اعرض عن الدنيا وصدف عن زينة الحياة واعتنق التقشف والحرمان كان يرى الصبر طريقة الزهد
.وصبر على الجوع بالسرور لا بالفتور و الصبر على العرى بالفرج لا بالحزن والصبر على البؤس بالرضا لا بالسخط والصبر على الصيام بالإقبال لا بالملاله كان هذا من أجل إذلال النفس
للتحكم فيها وكبح جما حها و المجاهدة فيها لترقى المقامات الصوفية العالية . هكذا عاش السنوات الثمانية في فاس 1089/1097هـ . حتى اتهمه سلطانها بالشعوذة والسحر وأرغم على الخروج منها فارا بنفسه لما فتح الله عليه بالعلم الشريف الطاهر والباطن وصار الناس يتحدثون به لما رأو له من الخير والصلاح وخاصة بعدما أسال الزيت بقلمه
في جدار القرويين على مرآى و مسمع من الطلية الدين طالبوه بأداء نصيبه منها وهذه حالة لا
يمكن أن يعيها إلا العارفين أمثال اساتدته أحمد الحبيب اللمضى والشيخ علي بن تيرس الذي
كانا يلازمانه وينصحا» بالتكتم حتى لا يعرف امر» أما شيوخه الذي اخدمنهم بفاس فنذ´كر
منهم :
الشيخ عبد القادر الفاسي
الشيخ عبد السلام أحمد جسوس
الشيخ أهمد بن العربي المعروف بابن الحاج
الشيخ أحمد اليمنى
الشيخ أحمد الحبيب اللمضى
الشيخ علي بن تيرس
إن ا محمد بن أبي زيان ما أحرجه من فاس هو الحال الذي أصبح يميزه كواحد من المتصوفين الذين بلغوا شأنا عاليا في هذا المجال لذلك خرج قاصدا القنادسة .
وقد استوطن بها لطلب من قبائل ذوي منيع

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