Ecole Chadylia

ÉCOLE DES CHADELÏA

Confrérie mère des Chadelïa : Sa formation, ses principes fondamentaux ,
son domaine géographique.
Confréries dérivées des Chadelïa : Djazoulïa, Zerreuqïa, Youcefia,
Ghazïa, Cheikhïa, Nacerïa, Chabbïa, Taïbïa, Hansalïa, Zianïa, Kerzazïa,
Derqaoua, Madanïa. Les Moukhalïa.

 

TADJ-ED-DIN-ABOU-EL-HASSEN-ALI-BEN-ATHA-ALLAH-
BEN-ABD-EL-DJEBBAR-ECH-CHADELI (*)
(An 656 de l'Hégire. ? 1258 .)

_Abou-El-Hassan-A'li ben A'bdallah ben A'bd et Djebbar ech- Chadeli naquit dans un village dit Ghemara, près de Ceuta, vers l'an 593 del'hég. (1196-97 .), suivant certains auteurs ; à Chadela, , près du Djebel-Za'fran (Tunisie), d'après la plupart des écrivains naturellement, ils en déduisent qu'il était originaire de cette localité. Mais, la légende merveilleuse intervient à son tour et raconte que le maître de Chadeli,A'bdesselam ben Machich, lui avait prescrit de se rendre à Chadela pour commencer son apostolat; de là son nom de Chadeli. « Tu te rendras en tunisse et tu demanderas la localité appelée Chadel. Dieu désire que tu t'appelles Chadeli ». Quoi qu'il eu soit, Cheikh-Hassan-Chadeli allait devenir le spécialistedes doctrines dit célèbre Abou-Median et créer une véritable école philosophique et mystique.
Sidi Abou-Median-Choaïb-ben-Hoceïn-el-Andalousi, plus connu sous son nom populaire de sidi Bou-Medine, fut le premier Musulman célèbre qui importa, dans le Maghreb, les pures doctrines du Soufi sme ; il petit donc être considéré, historiquement, comme le chef du plus ancien des ordres religieux mystiques répandus en Algérie. Ce fut lui, en effet, qui, avant tout autre, vulgarisa dans ce pays les principes de Djoneïd et ceux de Sidi Abd-el-Qaderben- Djilani, non pa comme simple disciple de ces deux personnages,mais bien comme chef d'école et comme fondateur d'un ordre religieux spécial, dont les adeptes se nommèrent d'abord Madinya ou Madanya.
Choaïb-Abou-Median naquit à Séville vers l'an 520 de l'Hégire (1126-1127 ). Malgré l'opposition de sa famille qui le destinait à la carrière des armes, il s'adonna de bonne heure à l'étude de la théologie et à la vie contemplative. Ne trouvant pas, à Séville, l'enseignement qu'il désirait, il vint se fi xer à Fez, où il reçut les leçons du légiste Abou-el- Hoceïn-ben-R'aleb et celles des cheikhs Abou-el-Hassen-Aliben- Ismaïl-ben-Molhammed-ben-Abdallah-el-Harzihoum et Abou-Yazza-el-Nourben-Mimoun-ben-Abdallah-el-Azmiri. Le premier de ces cheikhs mourut en 569 (1173-1174), et le second en 572 (1176-1177). C'étaient deux soufi très renommés. AbouYazza, qui vécut 130 ans, passa les 18 dernières années de sa vie dans une solitude absolue, ne vivant que d'herbes et de racines, et n'ayant pour tout vêtement qu'une tunique de feuilles de palmiers, un burnous en lambeaux et une chachia en jonc.
Lorsque, à leur école, Abou-Median eut acquis un certain renom, comme théologien et comme savant, il quitta Fez, avec l'intention de faire le pèlerinage après s'être arrêté, sur sa route, dans les principaux centres intellectuels et religieux. La première ville importante où il se présenta fut Tlemcen ; l'accueil qu'il y reçut ne fut d'abord pas très bienveillant. En effet, soit que les uléma, ayant entendu parler de sa science et de sa popularité, eussent peur de trouver en lui un rival et un maître, soit pour toute autre cause, il se vit refuser l'entrée de la ville. Une députation de notables, venue à sa rencontre, lui expliqua : qu'il n'y avait pas place pour lui dans la ville, que Tlemcen était aussi rempli de professeurs que la jatte de lait qu'on lui offrait, et qui était pleine à déborder. Mais Abou- Median, tirant de son burnous une rose nouvellement éclose, bien que ce ne fût plus la saison de ces fl eurs, effeuilla, sur la jatte de lait, les pétales qui surnagèrent sans faire déborder le liquide. Cette réponse muette et le prodige de la rose fraîche, à une pareille époque de l'année, changèrent complètement les dispositions des gens de Tlemcen, qui l'accueillirent avec empressement. Il s'établit alors sur la montagne qui domine le village d'El-Eubbad, auprès du tombeau de l'ouali Sid Abdallah- ben-Ali. Là, il professa assez longtemps avec un très grand succès, et ne tarda pas à acquérir, par ses vertus et son éloquence, une réputation bien établie de sainteté et de savoir.
On connaît les doctrines de l'école mystique chadélienne : un spiritualisme épuré, l'abandon de l'être au profit de Dieu, la prière à toute heure, en tous lieux et en toutes circonstances, afin de vivre en union constante avec la Divinité. C'est l'éternelle extase, mais l'extase sans transports mystiques, l'extase provoquée par cet ardent amour de la Divinité, qui éloigne du monde et procure des sensations inexprimables. Chez les Chadelïa, point de kheloua, ; point de pratiques bruyantes, point de jongleries ; la vie errante et contemplative avec, pour profession de foi, l'unité de Dieu (le Touahid), et, pour enseignement, le Tessououf, ou science du spiritualisme qui doit conduire le néophyte à vivre dans l'essence divine. Ce sont les doctrines du célèbre Abou-El-Kacem-el-Djoneidi, importées en Afrique septentrionale par le célèbre Cho'aïb-Abou-Median-el- Andalousi , enseignées dans le Maghreb par son meilleur disciple, sidi Abdessalam ben Machich_
Cho'aïb-Abou-Median naquit à Séville, en l'an 520 de l'hég. (1126- 1127 ); élève des diverses universités de l'Afrique septentrionale, disciple de Sidi-A'bdelqader-el-Djilani, il professa ses doctrines spiritualistes à Séville, Cordoue, Bougie et mourut à Tlemcen, après avoir composé plusieurs ouvrages sur son enseignement. une koubba lui fut élevée à El-Eubbad, près Tlemcen,
A'bdesselam ben Machich contemporain et sujet du Sultan A'bd-el-Moumen),t propagées en Afrique septentrionale, en Égypte et en Orient, particulièrement au Hedjaz, par leur élève et héritier spirituel Sidi-Hassan-Chadeli.
Sidi-Abdesselam ben Machich vivait, au commencement du VIIe siècle de l'hégire, dans le Djebel-Alam, aujourd'hui Djebel-Mouley-Abdesselam, montagne située au centre du massif qui s'étend de Tétouan à la vallée de l'Oued-el-Kouss.
Il était issu de la famille régnante des chérifs Drissit, dont quelques-uns s'étaient réfugiés dans ces parages lors de la chiite de la dynastie régnante et de l'avènement des Fatimides. Il représentait, à ce titre, la tradition de la souveraineté nationale et l'élément berbère. Il fut assassiné, en 625 de l'hégire, par un partisan de l'imposteur Abou-Touadjin. Son sanctuaire est devenu un lieu de pèlerinage, où se rendent les habitants des tribus des Djebala et de la partie occidentale du Rif. On peut avancer que le culte rendu à la mémoire du marabout forme un lien assez puissant pour unir ces populations dans une sorte de confédération religieuse. Toutes marcheraient groupées sous l'étendard de leur patron. Quoi qu'il en soit, Abdesselam ben Machich ayant transmis sa bénédiction à son élève Chadeli, ses descendants, c'est-à-dire les Beni-Arous, ne constituent qu'une noblesse religieuse sans pouvoir héréditaire. Ils n'ont donc pas d'influence personnelle dans les tribus du voisinage où ils vont s'établir. Ils sont, en général, fort riches, peu batailleurs en raison de leur extraction et des usages qu'elle leur impose; ils ne se livrent à aucune occupation ; ils sont, en qualité de chérifs, exempts de toute redevance et ne se montrent pas hostiles au Sultan qui, à l'occasion de l'expédition de 1883, est monté en pèlerinage au tombeau d'Abdesselam ben Machich, puis à la zaouïa de Sidi-Ali-Résoul,
à Tétouan, distribuant de larges offrandes. Comme chérifs, les Beni-Arous sont en paix avec toutes les tribus des environs, sauf avec les Akmas. Ces derniers sont dits akmas ou tolba de Sidi-Abdesselam ben Machich et possèdent le privilège traditionnel, donné par le saint, de venir en ziara à sa koubba sans intermédiaire et d'en chasser les autres chérifs. Ils s'y rendent, chaque année, en délégation fort nombreuse. Aucun chérif ne doit s'y trouver , et ceux qui s'y trouvent par hasard sont impitoyablement chassés, sinon tués, De là, entre les Beni-Arous et les Akmas, une hostilité implacable, des luttes fréquentes.
Sa généalogie remonte jusqu'à A'li ben Abou-Taleb par Abou beker ben Hourma ben Aissa ben Salam ben Mezouar ben Ali Haydara ben Mohamed ben Idriss ben Idriss ben Abdellah ben Hassan ben Hassan
DJAZOULÏA
La confrérie des Djazoulïa, branche marocaine des Chadelïa, a été fondée par Cheikh-Abou-A'bdallah-Mohammed ben A'bderrahmane ben Abou-Beker ben Sliman ben Sa'ïd ben Ia'la ben Ikhlef ben Moussa ben Ali ben Youcef ben A'ïssa ben A'bdallah ben Guendouz ben A'bderrahmane ben Mohammed ben Mohammed ben Hacen ben Sma'ïl ben Dja'far ben A'bdallah- el-Kamel ben Hacen-el-Moutenna ben l'Hacen-es-Sobt ben A'li ben Abou-Taleb.
Il tenait son surnom de Djazouli du lieu de sa naissance appelé Djazoula (village du Sous-el-Aqsa, nommé aussi Guezoula). Ou l'appelait également Semlali du nom de la fraction (Semlala), à laquelle il appartenait. Jeune encore, il quitta son pays d'origine à la suite de dissensions locales suivies de combats, et alla faire ses études à Fas, à la mosquée Saffarin, dans laquelle on montrerait encore aujourd'hui, la chambre qui lui était affectée. C'est à Fés, où il s'était rencontré avec Ahmed ben Zerrouq, fondateur de l'ordre des Zerrouqïa, qu'il prépara son livre ( ) Les Meilleurs Arguments, qui traite des prières à faire pour le Prophète et constitue comme la base de l'enseignement djazoulien. A cet égard, la légende veut, que l'imam El-Djazouli ait été inspiré par une femme rencontrée à Fas, sorte d' une sainte qui émerveillait la foule par des tours extraordinaires. Djazouli s'étant enquis, auprès de cette femme, de la mystérieuse puissance qui l'animait, apprit qu'elle devait son art à l'inspiration du Prophète lui-même. Ce serait alors qu'il aurait conçu sou « Delaïl et Kheïrat ».
Les auteurs arabes ne sont pas d'accord sur les événements qui ont marqué la vie du fondateur des Djazoulïa ; ils le sont encore moins en ce qui concerne la date de sa mort(1) que l'on place entre 869 et 875 de l'hégire. Enterré au lieu dit « Dfoughal », il fut plus tard, exhumé et transporté à Marrakech
ZERROUQÏA
Un autre disciple d'Abou-l-Hassan Chadeli qui, par ses vertus et ses travaux sur la théologie, la jurisprudence et le soufisme, s'éleva au-dessus du vulgaire, fut le cheikh Abou-el-A'bbas-Ahmed ben Ahmed ben A'ïssa-el-Bernousi- et-Fasi, connu sous le nom de Zerrouq, à cause, dit-on, de la couleur (bleue) de ses yeux.
Cheikh-Zerrouq naquit le 22 de moharrem 846 (1142 .), dans la tribu des Beranès, sise dans les environs de Fes, tribu d'où il tenait son surnom de Bernousi.
Après avoir séjourné longtemps à Fés où il étudia toutes les branches des sciences connues à l'école des maîtres les plus célèbres du Maghreb; il vint à Bougie où il professa l'enseignement scolastique des Chadelïa. Parmi les professeurs du Cheikh-Zerrouq on cite : Ibn-Mauas ; A'bderrahmane-Et-Taa'libi ; Cheikh-Senoussi, auteur de la Touahid ; Sidi-Sliman ; Ibn-Merzouq ; El-Mechdali ; Ed-Dim ; Es-Sakhaoui ; Es-Sonhouri ; Ses nombreux élèves formèrent bientôt une association sous le vocable de Chadelïa-Zerrouqïa ou, plus simplement, de « Zerrouqïa ». ? Leurs doctrines que l'imam Zerrouq aurait extraites en partie du « Kitab Kefaïat-el- Mahtadj » du Cheikh-Ahmed-Baba-et-Tomboucti n'offrent aucunes particularités bien distinctes de celles de la confrérie mère. Leurs appuis mystiques sont ceux des autres groupes Chadelïa, mais le prestige qui se rattache au nom de leur patron leur donne une certaine suprématie
sur les confréries issues, à une date plus récente, de la même école. Ces groupes vivent, en réalité, de la notoriété de l'imam Zerrouq, dont les ouvrages fort estimés dans le monde des lettrés musulmans, le classent parmi les plus illustres docteurs qui vivaient de son temps en Afrique septentrionale). L'imam Zerrouq mourut à Tripoli de Barbarie en 899 de l'hégire(1494.) et fut inhumé au lieu dit Taqiran (qsar de Mesrata).
Malgré son renom de sainteté et son grand savoir, la confrérie qui se plaça sous son patronage n'eut jamais qu'une organisation embryonnaire ;
YOUCEFÏA
La confrérie des Youcefïa a eu pour fondateur le chérif Abou-l- A'bbas, Sidi-Ahmed ben Mohammed ben Ahmed ben A'bdallah ben Youcef ben A'bdeljelil ben Imdès ben A'bd-er-Radhi ben Moussa-el-Mortadhi ben Dja'f'ar-es-Sadoq ben Mohammed-el-Baqi ben Ahmed ben ez-Zin-el-A'bidine ben Hamoud ben A'li ben Idris-es-Sghir ben Idris-el-Kebir ben A'bdallahel- Kamel ben Mohammed ben l'Hacen-es-Sebt ben A'li ben Abou-Taleb.
Il était connu sous le nom de Youcef en mémoire de son grand-père Youcef ben A'bdeldjelil, et sous le surnom de Rachedi comme étant originaire des Beni-Rached. Avant de s'affilier à la voie des Chadelïa, Ahmed ben Youcef avait déjà acquis une grande renommée de sainteté. Il appartenait, en effet, à la classe privilégiée des derouich : Il était medjdoub et se plaisait à raconter lui-même que dès sa plus tendre enfance, il ne vivait, ici-bas, que corporellement. Il eut de nombreux démêlés avec les Turcs que son prosélytisme gênait et même avec plusieurs de ses coreligionnaires, notamment avec un certain. A'mmar-et-Tsari qui, le considérant comme un dangereux innovateur, avait juré de le tuer. Mais, la légende rapporte que chaque fois qu'il cherchait à s'approcher d'Ahmed ben Youcef, la jument qu'il montait s'arrêtait à distance et refusait d'avancer. Menacé d'emprisonnement par les Turcs, le fondateur de la confrérie
des Youcefia quitte son pays et se rend à Bougie où il se fait affilier à l'Ordre des Chadelïa, par Sidi-Ahmed ben Zerrouq. Revenu dans son pays d'origine, il y recommença son prosélytisme et laissa de nombreux disciples dont quelques-uns sont demeurés légendaires.
Citons entre autres Sidi-Mohammed-el-Antri-el-A'rbi, qui voyageait à travers les étoiles ; Abou-l'Abbas-Ahmed-bou-Ma'za-er-Rachedi
(inhumé à Mascara), surnommé Bou-Ma'za à cause d'une chèvre qu'il immola jusqu'à cent fois et qui revenait toujours auprès de lui ; A'bdelqader ben Khemasi, dont l'existence ne fut dévoilée que par une perdrix qui le suivait partout. etc.
Si Ahmed ben Youcef est décédé en 931(3) de l'hégire (1524-1525 )


GHAZÏA

Parmi les nombreux élèves du cheikh Sid-Ahmed ben Youcef-el-Miliani,on cite Sid-Abou-1-Hassan-el-Qacem-et-Ghazi qui fonda une importante
zaouïa dans l'Oued Dra'a (Maroc). Quelques adeptes Chadelïa se placèrent sous son patronage et, à sa mort, créèrent la confrérie des Ghazïa. Cantonnée dans l'ouest de l'empire chérifien et à Fas où elle compte une zaouïa, cette corporation ne prit jamais un grand développement ; elle doit être considérée comme une chapelle sans influence réelle et non comme une confrérie complètement organisée: Elle a toujours été subordonnée aux directeurs spirituels des Nacerïa, tout-puissants dans les contrées où elle compte quelques serviteurs religieux. C'est donc à titre purement documentaire que nous la citons ici. Sa fondation date du Xe siècle de l'hégire (1526 de J.-C.), et les doctrines qu'on enseigne dans la seule zaouïa importante qu'elle possède, ainsi que les appuis mystiques que ses adeptes invoquent, sont analogues, en esprit
général, à ceux des confréries similaires. Ils n'ont rien qui puisse les caractériser et, par suite, attirer l'attention du lecteur.


NACERÏA

Une des plus importantes confréries fondées par les disciples de Sidi Ahmed ben Youcef-el-Miliani est, sans contredit, celle des Nacerïa du nom de son patron, le célèbre savant et thaumaturge Mohammed ben Nacer-ed- Dra'ï. Ce personnage religieux dont le renom de sainteté est légendaire dans tout l'Extrême-Sud marocain et jusqu'au Soudan occidental, était un fervent apôtre des doctrines spiritualistes des Chadelïa, vulgarisées par celui qu'il désigne comme son maître spirituel, le cheikh Ahmed ben Youcef, maître auquel il fait remonter sa filiation mystique par l'intermédiaire d'A'bdallah ben Hocen-er-Radi, A'li ben A'bdallah, Sid Ahmed ben A'li-el-Hadj-Dra'ï et abou-Salem-el-Qacem-Et-Tazi.
Presque toutes les corporations secondaires des Chadelïa qui se sont formées et développées dans le Maghreb le comprennent dans leurs appuis et le considèrent comme un maître incomparable dont les vertus et les miracles contribuent toujours au bonheur de ceux qui l'invoquent.
Mohammed ben Nacer-ed-Dra'ï, mourut vers 1079-1080 de l'hégire(1669 .), à Tamegrout dans l'Oued-Dra'a, laissant une nombreuse descendance et des milliers de disciples qui se groupèrent autour de son tombeau et instituèrent une confrérie sous son vocable. La zaouïa qu'ils édifièrent à Tamegrout devint la maison mère de la corporation, qui ne tarda pas à rayonner dans tout l'Empire chérifien et à s'implanter en Algérie et en Tunisie.
Parmi les héritiers du patron des Nacerïa, il y a eu des hommes remarquables; leur rôle a toujours été prépondérant; les caravanes qui de Mogador allaient au Touat et à Tombouctou faire des échanges, trouvaient, chez eux, aide et protection et, à l'instar des dignitaires de la confrérie des Zianïa, ils étaient, en quelque sorte, les arbitres entre les commerçants étrangers et les Touareg.